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Opinion

AMÉRIQUE DU SUD - Point de basculement : l’imminent retour de la gauche

Saúl Sánchez

mardi 12 novembre 2019, mis en ligne par colaborador@s extern@s

Le Chili est en flammes et ce n’est pas des bus et des gares qui brûlent seulement, mais tout un système économique jadis proposé comme modèle de développement pour les pays du sud. En Équateur, le traître Moreno, qui a chassé ses propres camarades sans broncher dès le début de sa présidence, n’arrête pas de dire que la crise politique du pays est fruit d’une conspiration castro-chaviste, menée par des terroristes sous les ordres de Maduro. Tandis qu’en Bolivie, Argentine et Uruguay, on célèbre soit le retour, soit la continuation d’une gauche qui avait été laissée pour mort à peine quelques mois avant, même si ces victoires n’ont pas été faciles ni exemptes de controverses.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Non, la hausse du prix des tickets de métro (Chili), la suppression des subventions d’essence (Équateur), ou encore la montée progressive de l’inflation (Argentine), ne suffisent pas à expliquer la crise que la droite est en train de vivre en Amérique du Sud ; celle-ci est le résultat direct d’une politique néolibérale, basée sur l’attraction des investissements étrangers, à travers le maintien de bas salaires et l’exemption fiscale, afin de réduire les coûts de main d’œuvre, ce qui à long terme est abouti à la paupérisation d’une société de plus en plus inégale, classiste et dépendante des multinationales.

Après avoir accusé leurs adversaires d’être populistes, dictateurs, corrompues, etc., les droites latines ont rapidement oublié qu’il faut convaincre avec des faits et non seulement des discours pour rester au pouvoir, donc, au lieu de travailler à l’efficacité des politiques de libre-échange, la plupart des conservateurs élus dernièrement se sont dédiés plutôt à la judiciarisation, voir la persécution ouverte, de leurs prédécesseurs, tandis qu’ils prenaient des mesures visant à démanteler l’ensemble de politiques entreprises par ceux-ci, sans se soucier d’apprécier leur degré de réussite.

Il est question du temps, comme on l’a vu en Argentine, pour qu’on observe une nouvelle vague de gouvernements progressistes en Amérique Latine, similaire à celle vécu à l’aube du XXIe siècle, avec l’inclusion notamment du Mexique. Ça sera à eux de démontrer qu’ils méritent vraiment de la confiance déposée une fois encore par une population avide de résultats et fatiguée de fausses promesses.


Courriel de l’auteur : saulsanchezlopez chez hotmail.com.

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